Quel sport choisir à la rentrée ?

Quel sport choisir à la rentrée ?
Les 5 critères que tout le monde devrait connaître

Ça y est, vous êtes décidé, septembre et la rentrée sont là, et vous voulez vous mettre ou vous remettre au sport, mais quel sport choisir ?

Vous vous êtes découvert une âme de marathonien pendant le confinement, mais est-ce bien un sport adapté pour vous ?

Si vous voulez connaître les 5 critères qui vous permettront de faire le choix du meilleur sport pour vous, alors plongez-vous dans cet article

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Je vois souvent en consultation des patientes ou des patients qui me demandent quel sport faire, que ce soit après une blessure pour pouvoir reprendre progressivement, que ce soit après une période plus ou moins longue d’arrêt pour pouvoir retrouver la forme, ou encore parce qu’une maladie s’est déclarée et qu’ils ont compris qu’avoir une activité physique faisait partie du traitement même s’ils n’étaient pas plus sportifs que cela avant.

Nous allons passer en revue les 5 critères qui vont enfin vous guider dans la recherche du sport le mieux adapté pour vous.


# Critère n° 1 : le Plaisir

Au risque de vous décevoir, le meilleur sport n’existe pas, désolé !

Par contre je connais le pire des sports : l’absence de sport !

Lorsque l’on me demande « quel sport dois-je faire ? » je réponds « quel sport voulez-vous faire ? ».

Ce que je veux vous faire comprendre c’est que la notion de plaisir doit être étroitement corrélée au choix de votre sport.

Si c’est un sport qui vous plait, les inévitables contraintes liées à ce sport n’auront aucun effet sur vous, par contre, si vous appréhendez ce sport ou cette activité physique comme une punition, … parce que le docteur m’a dit de le faire, vous trouverez toutes les excuses pour arrêter rapidement.

Je vais vous donner un exemple, si je vous dis que pour votre mal de dos le meilleur sport est d’aller nager, mais que vous n’aimez pas nager, parce la piscine c’est loin, nager ça prend du temps, et pis l’eau ça mouille ! 

Vous irez peut-être nager 1 à 2 fois par semaine au début, mais au bout de 3 semaines vous arrêterez c’est sûr !

Par contre, si votre passion c’est de jouer au golf et que nous trouvons ensemble un moyen de modifier votre swing pour que vous n’ayez pas mal au dos, je suis certain que vous trouverez toutes les raisons possibles pour aller jouer alors que le parcours de golf est encore plus loin que la piscine et qu’il vous faudra le double voire le triple de temps pour faire les 18 trous.

En fait, pour se tenir au sport, il faut y prendre du plaisir, choisissez donc avant tout un sport que vous aimez. Ainsi, même les jours où la météo ne sera pas favorable, même les jours où vous aurez un peu mal quelque part, même les jours où vous aurez autre chose à faire, vous irez pratiquer votre sport, avant tout motivé par le plaisir que cela vous procurera.

Et c’est sans parler de la sensation de bien-être due aux endorphines sécrétées dans les sports d’endurance qui vous font pratiquement entrer dans un état second, pouvant conduire à une véritable addiction.

Donc le critère n°1 qui doit vous orienter dans le choix de votre sport est le plaisir qu’il va vous procurer.

Bien sûr d’autres critères sont à prendre en compte.


# Critère n° 2 : sport asymétrique ou symétrique

Doit-on choisir un sport symétrique comme le cyclisme, la course à pied, l’aviron … ou un sport asymétrique comme les sports de raquette ou les sports de lancer par exemple ?

Naturellement vous auriez tendance à conseiller un sport symétrique permettant un développement musculaire harmonieux, plutôt qu’un sport asymétrique, n’est-ce pas ?

Mais la croyance selon laquelle un sport asymétrique serait plus responsable de douleurs lombaires est fausse, car même si un bras est plus sollicité que l’autre, les muscles para-vertébraux auront tendance à se muscler de façon symétrique.

Vous souvenez-vous du tennisman Guillermo Vilas, célèbre gaucher argentin, qui sévissait sur les cours du monde entier, à la fin des années 70, avec son jeu hyper lifté ? Son épaule gauche était bien plus développée, avec un retentissement inévitable sur son rachis dorsal qu’il serait intéressant d’analyser aujourd’hui.

Cela venait d’une part de son style de jeu avec un mouvement de lift extrêmement sollicitant pour les muscles de son épaule et d’autre part du nombre d’heures passées sur les cours par ce spécialiste de la terre battue qui n’hésitait pas à s’entraîner 7 à 8 heures par jour.

Aujourd’hui les préparateurs physiques sont beaucoup plus attentifs au développement harmonieux du capital musculo-squelettique et à la limitation de la charge de travail afin de réduire les risques de blessure et de favoriser la longévité de l’athlète.

D’une manière générale, et surtout pour les adolescents en période de croissance, on cherchera à proposer un sport symétrique en complément du sport asymétrique principal.

Par exemple à un jeune tennisman on fera faire dans le cadre de la PPG (préparation physique généralisée) des séances de rameur au cours desquelles les muscles seront sollicités de façon symétrique.

Ainsi, pour notre 2ème critère, le choix d’un sport asymétrique ne doit pas être un frein à la pratique, entendu qu’une fois par semaine on compensera par un sport symétrique.

Mais il reste d’autres choix à faire, dont celui que nous allons voir dans le 3ème critère.

Dr Frank Fontvielle

# Critère n° 3 : sport porté ou sport à percussions

Devez-vous privilégier un sport porté ou un sport à percussions ?

Là aussi tout est question de mesure et de compensation.

On imagine bien qu’un sport d’endurance comme la course à pied, par la multitude des micro-traumatismes engendrés à chaque foulée sera à l’origine de lésions ostéo-articulaires ou musculo-tendineuses.

A contrario, un sport exclusivement porté, comme la natation, est assimilable à ce qu’il peut arriver à un spationaute lors des missions de longue durée. Les os ne sont pas des structures de calcium immuables ; ils se remodèlent constamment en fonction des contraintes qu’ils subissent et s’affaiblissent lorsqu’on ne s’en sert pas. La perte osseuse survient dans les conditions d’impesanteur de l’espace parce que les os n’ont plus à soutenir le corps contre l’action de la pesanteur. Sur Terre, la pesanteur applique une charge mécanique constante sur le squelette. Les os sains conservent ainsi une certaine densité leur permettant de soutenir le corps.

2 exemples pour illustrer ce 3ème critère.

Un coureur à pied qui envisage de faire les 100 km de Millau (https://www.100kmdemillau.com) aura tout intérêt, dans sa préparation, à introduire des séances de vélo pour à la fois soulager ses articulations mais aussi poursuivre son développement cardio-respiratoire et musculaire.

A contrario, le nageur qui passe ses journées dans l’eau, se retrouve presque dans la situation d’un spationaute soumis à l’impesanteur, pour renforcer son squelette il devra effectuer au moins une séance par semaine de sport faisant travailler les articulations portantes, comme la marche, le jogging, le volley-ball …, permettant ainsi de conserver la masse osseuse.

Vous voyez qu’avec ce 3ème critère tout est possible en matière de sport, il suffira de penser à diversifier vos entrainements en introduisant le sport complémentaire adapté.


# Critère n° 4 : sport individuel ou collectif

La pratique d’une activité physique ou sportive est aussi un moment de socialisation et d’échange avec des partenaires, adversaires, concurrents, coéquipiers, relations, ou simplement amis.

Le choix d’un sport individuel ou collectif se fera en fonction des préférences de chacun, mais il reste très difficile de pratiquer seul.

Pour les sports collectifs, la question ne se pose pas, la pratique se fera le plus souvent au sein d’un club, ou tout du moins à l’intérieur d’un groupe.

Pour les sports individuels, notamment pour les personnes qui ont du mal à intégrer un groupe, il est important de faire l’effort d’adhérer à un club, une association sportive, ou autre. Le sentiment d’appartenance à une équipe ou un groupe est fédérateur.

C’est d’autant plus important pour les enfants un peu réservés, qui choisiraient d’emblée un sport individuel, et qui, en portant les couleurs d’un club lors d’une compétition, pourront s’épanouir pleinement en ayant la satisfaction d’apporter un point pour leur équipe.

Par exemple, pour un enfant qui pratiquerait le tennis, il faudra l’inciter à participer aux rencontres interclub.

Par contre, penser qu’un sport collectif serait meilleur pour un enfant plutôt individualiste parce qu’il lui permettrait de mieux s’insérer dans un groupe et ainsi devenir plus sociable, peut être une erreur. En effet, même au sein d’une équipe, il peut mal s’intégrer ou tout du moins être mis sur la touche.

Dans ce dernier cas, le sport collectif aura l’effet inverse de celui recherché.

En règle générale, on admet que les sports collectifs représentent des bons moyens d’adaptation en société, d’écoute de l’autre. Ils permettent aussi à un enfant moins doué que les autres à profiter des bons résultats collectifs et ainsi développer sa confiance en soi.

De même pour les séniors retraités, le club ou l’association sportive sont de vrais lieux de rencontre, là aussi il faudra favoriser la mise en place d’équipes séniors lors des championnats par exemple mais aussi savoir les solliciter car c’est au sein de cette population que l’on trouvera les chevilles ouvrières bénévoles des clubs.

N’oublions pas cette dimension de cohésion sociale à la pratique du sport.


# Critère n° 5 : Sport en loisir ou en compétition

C’est une question qui se posera peut-être à un moment ou à un autre de votre pratique, même si vous ne l’aviez pas envisagé initialement : participer ou non à une compétition ?

Certains ont déjà fait de la compétition, ont l’esprit compétiteur, et iront naturellement vers cette pratique.

D’autres sont moins dans la performance et ne sont pas attirés par la compétition. Ils envisagent l’activité physique uniquement comme un loisir, une pratique pour se sentir mieux, voire un « soin » qui participerait au traitement d’une maladie chronique.

Parfois, à la question « faites-vous de la compétition », des patients me répondent : « non, j’en fait juste pour le plaisir » !

L’un n’exclut pas l’autre.

Bien sûr le sport doit rester un moment de décompression ; il ne s’agit pas d’ajouter un stress supplémentaire pendant cette pratique qui doit avant tout être source de plaisir et permettre de se détendre.

Cependant il ne faut pas voir la compétition comme une punition, mais comme une façon de se dépasser physiquement et mentalement, sortir de sa zone de confort, car dans beaucoup de compétitions il s’agit avant tout de concourir contre soi-même bien avant de concourir contre les autres.

Lorsque le sportif est motivé, la compétition peut être très positive, donner le goût de l’effort, de la persévérance, forger la volonté.

Savoir repousser ses propres limites est une formidable école de la vie.



Voilà donc les 5 critères qui vous permettront de choisir le sport ou l’activité physique qui vous correspondra le mieux.

Vous l’avez vu, quasiment tous les sports sont possibles pour peu que l’on sache les adapter ou compenser par des activités complémentaires.

Le plaisir que vous y trouverez, les progrès inévitables dans vos performances, les relations fortes que vous construirez, doperont votre motivation.

Alors foot, danse ou golf, peu importe, la rentrée est là, on arrête de procrastiner, on enfile sa plus belle tenue de sport et c’est parti.

Et n’oubliez pas le sport est un temps pour vous, dont il vous faudra profiter au maximum.


Bon sport à tous.

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